jeudi 7 février 2013

Le Peuple Aborigène : Partie 1 : Qui sont les Aborigènes ?

Je profite des pluies à Brisbane pour faire un texte sur une frange importante de la Culture et de la sociologie Australienne : les Aborigènes ! Pour cela, je fais un petit « digest »des différentes sources trouvées sur le Net, de l’avis des Australiens sur la question, et de mon expérience (limitée) sur la question.


La première partie est relativement factuelle, la seconde décrira les Aborigènes aujourd'hui (attendez vous à du lourd...)

Qui sont les Aborigènes ?

Les Aborigènes représentent les descendants des habitants originaux du Continent Australien, présents avant la colonisation. Il s’agit d’une myriade de tribus dispersées sur le continent, arrivées en Australie il y a 50 000 ans environ, selon les sources archéologiques et génétiques.

Ils seraient arrivés par bateau à travers l’Indonésie actuelle, à une époque où les océans étaient moins profonds.

Au moment de la découverte de l’Australie par l’explorateur James Cook, les Aborigènes étaient estimés allant de 300 000 à 700 000 individus, répartis sur environ 250 tribus sur l’ensemble du Territoire.
Chaque tribu avait sa propre langue et son organisation sociale :


Il s'agit du peuple le plus "ancien" du monde, génétiquement et culturellement parlant. L'isolation du continent Australien a résulté en une absence de mélange avec les autres génotypes humain, de même que pour la culture, pendant quasiment 40 000 ans

Les Aborigènes vivaient littéralement à l’âge de pierre au moment de leur rencontre avec les Européens, vivant de la cueillette et de la chasse, avec un mode de vie nomade. Leur couleur de peau varie de très Noire à claire, selon leur position géographique, mais le métissage progressif avec les Blancs a eu tendance à clarifier leur peau.

Aujourd’hui, les Aborigènes représentent 670 000 individus, soit moins de 3% de la population globale Australienne (chiffres 2011). Ils sont assez inégalement répartis sur le territoire, plus de la moitié vivant dans le New South Wales et dans le Queensland, mais ces Etats étant aussi les plus peuplés, ils y sont très minoritaires.
Les Aborigènes sont proportionnellement nombreux dans les Territoires du Nord, où ils représentent 30% de la population.

Culture et religion

La culture Aborigène célèbre le « Temps du Rêve » : à l’origine de la création du Monde, Le grand Serpent Arc-en-Ciel (« Wagyl ») aurait façonné la terre, alors vide, créant l’univers, les paysages et les peuples.

Selon les Aborigènes, tout est lié, les animaux, l’eau, les plantes et les humains, par les esprits, dans une relation complexe. Par exemple, les Aborigènes célèbre le "Totem", au sens "site sacré", qui abrite les petits esprits. Ceux çi régénèrent les animaux et plantes mangés par les humains. Si le site totémique est détruit, le cycle ne peut plus se régénérer.

Les traditions, les croyances se transmettent uniquement par des contes, racontés par les anciens aux plus jeunes, et varient en fonction des tribus.

Les Aborigènes ne faisant pas de distinction entre religion, art, histoire et culture, leurs traditions ont survécu jusqu’à présent sous la forme de peinture, de musiques et de danses, ainsi que de contes.

Le plus célèbre des instruments de musique est bien entendu le Didgeridoo !

Et n'oublions pas LE symbole des Aborigènes d'Australie : le boomerang !


La colonisation et la Terra Nullius

La colonisation de l’Australie a débuté à partir de 1770 lorsque l’explorateur James Cook a pris « possession » du Continent Australien, au nom du Roi d’Angleterre Georges III.
 
Afin d’éviter les guerres avec les différents indigènes des colonies de l’Empire Britannique (cf Amériques), les Anglais avaient décrété qu’avant tout processus de colonisation, des traités doivent être signés avec les indigènes (ce qui avait été le cas de la plupart des Colonies Britanniques : Indes, Afrique, Asie du Sud-Est, etc.…)

Or, l’état d’avancement de la civilisation aborigène et les préjugés racistes au moment de l’arrivée des premiers explorateurs ont abouti à la conclusion que les Aborigènes n’étaient pas considérés comme des humains, et que, de part leur structure sociale tribale, il n’y avait pas chez les Aborigènes de notion ou de concept de « propriété », et encore moins pour la terre.

Par conséquent le Continent Australien était donc considéré comme « inhabité » et n’appartenant à personne, donc libre pour la colonisation. 
 
Ce concept légal s’appelle le « Terra Nullius », et est encore aujourd’hui toujours appliqué pour … l’Antarctique, et plus surprenant, pour la Lune et Mars (au cas où…)

Les premiers contacts avec les Aborigènes de la région de Sydney étaient bons, mais les choses se dégradèrent progressivement au fur et à mesure de l’agrandissement de la colonie pénitentiaire.
Les Aborigènes se retrouvèrent en particulier contaminés par les maladies et parasites acheminés par les bagnards, et la population Aborigène déclina rapidement du fait de leur non adaptation génétique aux maladies bénignes des Européens.
Ensuite, à la moindre confrontation, les Autorités coloniales n’hésitaient pas à massacrer en nombre des Aborigènes locaux, à titre d’exemple.
Une autre raison de la chute de la population Aborigène est l’évasion régulière des bagnards des différentes colonies pénitentiaires. Ces hommes, appelés « Bushrangers » qui s’échappaient du système carcéral Britannique « prenaient le maquis », et n’étaient pas des tendres. Ils étaient le pendant des « Hors-la-loi » de l’Ouest Américain, et terrorisaient autant les colons, les prospecteurs d’or que les Aborigènes.
Surtout, la raison principale du déclin rapide des aborigènes était l’extension rapide de l’agriculture et de l’élevage extensif dans les terres, qui dévorait l’espace par une déforestation massive, privant les Aborigènes de leurs ressources naturelles, et amenant les parasites du bétail directement à leur contact.

Contrairement aux Indiens d’Amérique, les Aborigènes n’étaient pas des guerriers, et n’avaient pas organisé de résistance globale contre les colons / autorités / bushrangers. Au plus, quelques rebellions sporadiques rapidement matées par les autorités coloniales.

Les Aborigènes, à l’instar des Indiens d’Amérique, furent rapidement déplacés dans des réserves éloignées, sur les terres les moins intéressantes.
Une petite partie fut employée comme gardiens de bétail ou de guides, car leur connaissance du terrain était malgré tout précieuse. Des missionnaires chrétiens furent envoyés pour « éduquer » les enfants Aborigènes, mais l’influence de milliers d’années de culture tribales ne s’effaçait pas aussi facilement que prévu…
Cependant, les travailleurs Aborigènes étant indispensables dans le Bush, on les rétribuait soit par de la verroterie, soit par de l’alcool, ce qui a eu des conséquences désastreuses…
 

dimanche 3 février 2013

Petite update de ma situation….



Pour celles et ceux qui s’inquièteraient de l’absence de news sur le blog, je vous rassure, je vais bien ! (malgré les feux de forêts, les pluies torrentielles, les inondations, le vegemite, etc…)

A ce propos, je ne sais pas s’il y a eu des news en Europe, mais le Queensland subit chaque été des pluies torrentielles en cette saison, notamment pendant l’été Austral 2010 – 2011.

Cette année, ces pluies ont été un peu moins violentes, sauf dans la région de Bundaberg (cf mon post sur cette ville), où les eaux sont montées de 8 mètres ! Les mêmes scènes se sont répétées à Logan, sur la Gold Coast au Sud de Brisbane et dans le nord du New South Wales.




Les inondations ont aussi une conséquence sur l'océan : la grande quantité de boues charriées se retrouve dans la mer, forcément un peu moins bleue turquoise.... ici au large de Bundaberg :

Le pont de Bundaberg que j’avais photographié il y a 1 mois était quasiment submergé !

Avant : (situation normale)
Après : (ça n'est pas le pire, l'eau dépassait le tablier du pont...)


 A brisbane même, la situation était heureusement moins pire qu'en 2011, mais la rivière Brisbane charrie toujours de nombreux débris :

Quant à moi, j’ai « déménagé » à Brisbane, plus exactement dans une « Sharehouse » (colocation dans une maison), à environ 2 km au sud du centre ville, le tout pour un bon rapport qualité prix, le temps de faire toute les procédures pour ma voiture…

En effet, les choses ont commencées à bouger: après quelques échanges de lettres d’avocat, les guignols qui m’ont vendu la voiture (W….ed C….ers) acceptent les éléments suivants :
- Faire une expertise / contre expertise technique sur le véhicule, à leur frais, avec une inspection commune
- Si l’inspection commune révèle quoi que ce soit qui rende le contrôle technique impossible à passer, ils s’engagent à réparer l’intégralité, à leur frais.
- Une fois les réparations effectuées, le véhicule passera le contrôle technique à leur frais, et ils me fourniront une nouvelle « Rego » (l’équivalent de la carte grise) du Queensland, en bonne et dûe forme
- Et point final : 500$ pour fermer ma gueule sur leurs pratiques  le dédommagement.

Je dois admettre qu’une lettre d’avocat bien placée (merci, Shannon ;-)) qui leur a rappelé leur incompétence et les risques pour leur business a considérablement amélioré les choses…
Même si, au fond, je perd encore mon temps et mon argent à attendre des réparations et des procédures interminable, je finirais par les faire plier, et comme dirait Boris Vian, "Ce qui prouve qu'en protestant, quand il est encore temps, on finit par obtenir déménagement"


En attendant, je me balade de droite à gauche, je fais du sport et de la salsa. Je suis allé au Mont Tamborine aujourd’hui, et les récentes pluies torrentielles dans le Queensland ont rempli les rivières !







samedi 26 janvier 2013

Aussie, Aussie, Aussie, Oi, Oi, Oi ! Happy Australia Day, ou I’m singin’ in the rain….



Aujourd’hui, le 26 Janvier, c’est la fête Nationale Australienne !
Plus précisément, c’est l’anniversaire de l’arrivée des premiers colons dans la baie de Sydney, en 1788. C’est un jour férié, et les Australiens-ennes sortent en famille pour montrer leur patriotisme ! (pas aussi chauvins que les américains, mais pas loin…) :
Tout y passe : drapeaux fixés aux voitures, T-shirt, mini-jupes, maquillages aux couleurs du drapeau Australien, etc.… 

Les villes organisent des barbecues géants, des kermesses, des activités pour petits et grands, des concerts gratuits, etc.… Ici à Brisbane :



Par exemple, Melbourne met l’accent sur le multiculturalisme, Canberra sur l’Armée et la Nation, Sydney sur l’histoire, etc.…
Cependant, contrairement à la France, il n’y a pas de démonstration militaire, à l’exception d’un passage À basse altitude d’une escadrille d’avion de chasse (F/A 18 Super Hornet pour les geeks...)

Bon, l'Australia Day, c'est surtout une bonne excuse pour un bon barbecue et boire des bières !


Les Australiens sont TRÈS fiers de leur pays, au point que cette fête est souvent décriée comme une célébration de chauvinisme et de nationalisme anti-étranger par certains intellectuels, qui voudraient renommer ce jour par « Citizen Day ». les beaufs australiens sont évidemment contre, etc...

On retrouve des slogans genre « L’Australie, tu l’aime ou tu la quitte », qui rappellent la Droite Française…

Les Aborigènes s’y mettent aussi, en renommant cette fête l’ « Invasion Day », le jour où les problèmes ont commencés pour eux.

Malheureusement, en ce moment, c’est la saison des cyclones dans le nord du Queensland et Brisbane se prend la « queue »du cyclone, à savoir des pluies intenses en continu, et ce sur plusieurs jours.

Résultat : l’Australia Day est… tombé à l’eau !  badam-tss !  \o/

Il pleut, il pleut, il pleut… résultat : des alertes aux inondations vers Gladstone et Bundaberg (500 km au nord de Brisbane)


Tout a été annulé, la majorité des activités des kermesses, les feux d’artifices, etc.….
Quant à moi, je suis à Burpengary, au Nord de Brisbane, où j’assiste à la création d’une rivière artificielle dans le jardin des parents de Shannon :

Luxueux, n’est-ce-pas ?


lundi 14 janvier 2013

“On the Road Again” de Canned Heat ou “Allumer le Feu” de Johnny Halliday ?


Bad news, good news ? J’étais sur le départ de Canberra pour le Mont  lorsque j’ai reçu un message des comiques qui m’ont vendu la voiture.

Ils me demandent de répondre sous 7 jours, me revoilà donc face à un choix :
 - Revenir à Brisbane pour faire inspecter mon véhicule, faire des réparations nécessaires et obtenir une immatriculation légale, en me retapant 1300 km retour, frais d’essence et hébergement sur Brisbane

- Oublier ces guignols et continuer, avec le risque que certaines choses cachées empirent ?

Juste pour les faire ch… et pour montrer à ces escrocs, je décide de retourner à Brisbane…

Je choisis de rouler « sévère », en passant par les terres plutôt que via Sydney et la côte. Me voilà donc à rouler, sur une interminable plaine, allant du Nord de Canberra à l’Ouest de Brisbane, derrière la Great Dividing Range, qui se révèle être la « Beauce » Australienne : on se croirait dans le Midwest Américain : des champs de blé, des champs de blé, des champs de céréales…. Et puis c’est tout !
  
Les distances s’allongent considérablement, et il n’est pas rare d’avoir 150 km entre chaque village… Ni l’Outback, ni le Bush, mais qu’est-ce que ça peut être chiant… et il faut faire très attention au réservoir de gasoil !
  
Sauf qu’il fait chaud. Très chaud. 46°C au thermomètre de la voiture ! Et des orages lourds semblent se former au fur et à mesure que je progresse vers le Nord :



En réalité, ce nuage n’est PAS un orage, mais un énorme feu de forêt, dans le parc National de Warrumbungle, à côté de la ville de Coonabarabran, détruisant 40000 hectares en 2 jours, heureusement sans faire de victimes.


 Ce gigantesque feu de forêt a fait la une des journaux Australiens, de même qu'ailleurs dans le New South Wales et le Victoria :

http://www.abc.net.au/news/2013-01-14/homes-destroyed-in-nsw-bushfire/4463136
Ces feux sont souvent allumés par la foudre, ou par les clopes des automobilistes. Sauf que les feux de forêt sont ici à l’échelle du pays, et les pompiers ont le plus grand mal à évacuer ces zone...

Quant à la forêt, pas d’inquiétude ! Les feux font partie du cycle naturel de leur régénération : les Eucalyptus résistent très bien, et repartent aussi sec… Quant aux graines des « blacks boys » et de certaines autres espèces d’arbres, elles ne peuvent d’ouvrir qu’à très forte température :
Et ça continue ! les fortes chaleurs ont créé des  tempêtes puissantes qui ont fait tomber pas mal d'arbres :

ça ne m’empêche pas d'apprécier le coucher de soleil sur la plaine !

Enfin, j’arrive à Brisbane, après 2 jours d’ennui routier...