vendredi 3 mai 2013

Great Southern Partie 1: Karri Forest Explorer, ou touchons du bois et envoyons nous en l’air…

Suite de mon méga road trip dans le Sud Ouest de la Western Australia,j'entre dans la région du « Great Southern » !

Moins connue que la région de Margaret River, elle propose cependant une variété assez époustouflante de paysages et de coins magnifiques à visiter, le tout dans un climat méditerranéen / océanique fort agréable

L’isolement relatif de la région par rapport à Perth fait que hors saison, les touristes sont rares et c’est tant mieux.

Le point le plus remarquable de la Great Southern Region, c’est qu’elle contient (à moitié avec le South West) les plus grandes forêts de toute l’Australie, tant en surface qu’en taille des arbres.

Ces forêts abrite 2 espèces endémiques (qu'on ne trouve que dans cette région) d’arbres géants : le « Karri » (Eucalyptus Diversicolor), qui pousse jusqu’à 75 mètres ( !) et le « Red Tingle » (Eucalyptus Jacksonii), poussant jusqu’à 60 mètres, mais pouvant atteindre 20 mètres de circonférence à sa base.

Je suis donc la route, qui emprunte la « Scenic Drive » (circuit routier régional menant à plusieurs endroits remarquable) de la « Karri Forest Explorer Drive ».

Je fais mon premier arrêt aux « Beedelup Falls », chutes d’eau qu’on traverse sur un pont de singe amélioré :



Mais le plus intéressant se trouve ailleurs : Une demi-douzaines d’arbres géants, parmis les plus grands et situés en haut des collines ont été « aménagés » pour installer des postes de surveillance au sommet, afin que les rangers puissent surveiller les feux de forêt.

A l’origine, 4 arbres de plus de 70 mètres de haut servaient donc de poste de surveillance anti incendie, mais ont depuis cédé la place aux avions et aux hélicoptères.

On peut maintenant monter au sommet de ces arbres, comme ici au Gloucester Tree :
Y’a pas d’ascenseur, et les « escaliers » sont assez sommaires : des tiges en ferraille enfoncées dans le tronc, en hélicoide.

Le tout grimpe à 60 mètre de haut, sans aucune sécurité ni retenue (n’importe qui peut grimper, enfant compris)
Faut pas avoir le vertige !

Le sommet de l’arbre a été coupé pour construire une « cabane » (elle-même à 2 étages !)qui permet d’admirer la canopée (et les tags laissés par les visiteurs au cours des années !)



Juste après m’être "envoyé en l’air", je redescends (ce n’est pas très difficile, mais j’aimerais voir l’exercice lorsqu’il pleut avec les barreaux glissants…) et me rends à seulement quelques kilomètres, au « Big Brook Dam » (Brook = Ruisseau, en jargon Ouest Australien) pour voir un petit étang et sa retenue :



L’endroit est absolument charmant, avec seuls quelques retraités et pêcheurs, et une odeur d’humus rafraichissante (il a plu toute la nuit)

Je mange tranquillement, puis je fais un petit crochet vers d’autres cascades / rapides à proximité :


L’eau très sombre est due non pas à de la pollution, mais aux tanins des arbres qui donnent cet aspect Noirâtre / rouge à l’eau (et son acidité).

Et je repars vers… un autre arbre géant ! Le « Bicentennial Tree » :


Encore plus haut que le Gloucester, le Bicentennial Tree n’était pas une plateforme de surveillance à l’origine, mais a été aménagé dans un but touristique pour célébrer le bicentennaire de la découverte de l’Australie, car cet arbre aurait germé autour de cette date (les Karri poussent assez vite par rapport à leur taille).
Et rebelote : Escaliers en barres de fer, grimpette et abscence de sécurité…





It's a trappe !

La vue est semblable au Gloucester, quoiqu’un peu plus claire.


Il y a encore des graffitis partout,  mais celui-là est priceless :

Un stéphanois qui passait par là a eu le bon goût de taguer « Allez les Verts » sur la rembarde …sans doute pour encourager les branches… C’est vrai qu’à la différence des résultats de Sainté, les arbres, au moins, ça grandit \o/

Prochain message : les environs de Walpole, avec... encore des arbres (après le Nullarbor, on ne s'en lasse pas ! )






jeudi 2 mai 2013

Le South West Partie 4 : entre l’Océan Indien et la Grande Baie Australienne… et un lac perdu



Après les grottes, la météo se dégage un peu pour aller se balader au soleil sur la côte, à un endroit appelé « Cosy Corner ». La météo continue son délire avec Beau / Pluie toutes les 10 minutes. Pénible. 




L’endroit est magnifique, mais le vent est puissant, de même que la houle qui vient s’exploser sur les gros rochers de granit, et offre du coup un décor plutôt Breton :



Je repars ensuite vers l’extrême Sud de la péninsule, vers le « Cape Leeuwin », à proximité de la ville d'Augusta, qui est le point le plus au Sud de la Western Australia et la séparation officielle entre l’Océan Indien à l’Ouest et la Grande Baie Australienne (l’océan au sud de l’Australie) au Sud Est.



En dehors de la côte, les exploitations agricoles et les vignes laissent peu à peu la place à des forêts plus grandes, plus denses, et qui présagent les forêts d’arbres géants de la région du Great Southern dont je parlerais plus tard.


Tout à la pointe du Cap, il y a un phare, mais 17$ pour juste monter 2 étages…. Non merci, je m’en contenterais très bien de loin !


A noter la différence flagrante des puissantes vagues côté Océan Indien et le calme (relatif !) côté Grande Baie.
Il y a aussi une curiosité : une vieille roue à aube en bois, autrefois chargée de pomper l’eau d’une source vers le phare, entièrement fossilisée dans le calcaire !


C’est le milieu d’après midi, et comme  il est trop tard pour aller à Walpole, je décide,  à ma grande habitude, de suivre mon guide de camping, qui indique plusieurs sites de camping remarquables dans le gigantesque parc national D’Entrecasteaux (nommé ainsi en honneur de l'Amiral Français Bruni D'Entrecasteaux, qui cartographia cette région pour la première fois en 1792).
Ce parc côtier de .... 130 km de long (!) s'étend depuis l'ouest d'Augusta jusqu'au village de Walpole, et possède une variété assez formidable de paysages : marais, dunes géantes, falaises de granites, plages de surf, forets, rivières...

Les panneaux sur la route indiquent la présence du « Lake Jasper Camping site ». Sauf que comme d’habitude en Australie, l’indication des distances est une option, et je m’engage sur une piste en terre bosselée et pleine de flaques, et ce sans indications supplémentaire pendant une vingtaine de kilomètres, à travers un dédale de chemins d’accès forestiers et de bocages.

Ensuite, un panneau indique le Lac Jasper à « seulement » 8 km…. SAUF QUE : la piste en terre laisse la place à  ça :


Une piste de sable, la plus abominable que j’ai prise jusqu’à présent : 
10 bornes à 20 à l’heure, avec des ornières, des montées, des descentes, du sable mou, des flaques…. Le tout à la tombée de la nuit, avec le GPS perdu car ce type de piste est rarement répertorié, plus le van qui patine et saute dans tous les sens et l’incertitude sur l’arrivée….

Après une demi-heure d’angoisse, je mets enfin les roues au camping, il fait quasiment nuit et EN PLUS il pleut…. Et je suis (vraiment) tout seul, paumé au milieu de nulle part…

Le vent souffle dans les roseaux du lac un « Wouhouwou » permanent assez flippant….

Le lendemain matin, il y a quelques éclaircies qui permettent de distinguer enfin ce fameux lac.

Il s’agit d’un très grand lac d’eau douce, situé à une vingtaine de kilomètre de la côte, et (lorsqu’il fait beau) un vrai paradis pour les baigneurs et les pêcheurs :








Je découvre que le site de camping est parfaitement organisé et équipé : parking en dur, toilettes, abris pour les groupes, tables de pique – niques, barbecues….

Mais alors POURQUOI investir autant dans des équipements publics au milieu de nulle part et  laisser une piste dans un état aussi pourri ? Pour filtrer les campeurs qui n’ont pas de 4x4 modifié « franchisseur » ?

Quelque chose m’échappe dans la gestion des parcs nationaux Australiens….En tout cas, j'ai jamais vu mon van aussi crado :
Le prochain message : : le Great Southern et ses forêts d'Eucalyptus géants !

mercredi 1 mai 2013

Le South West Partie 3 : Margaret River ou faire le tour des caves… au sens propre


Le lendemain, patatra ! Le temps pourri et de retour (mais pourri de chez pourri, une journée de pluies non stop, passée à la bibliothèque de Margaret River, dont voici quelques photo de vignes :


et un petit cliché sur le coup (la photo n'est pas de moi) :

Je vais quand même faire un  effort pour parler des vins de Margaret River, qui fournissent aujourd’hui plus de 20% du vin de table supérieur Australien, ce qui est assez étonnant si on considère la taille réduite de la région, et le fait que les exploitations soient assez petites (5500 ha cultivés) comparées à la South Australia et nos régions viticoles.


La production de vin dans cette région est très récente, puisque les premières plantations de vigne eurent lieu en 1967.
Les exploitations, contrairement à la France, se regroupe rarement en coopératives : chacun fait « son » vin en petites quantités, vinification, embouteillage, étiquetage, marketing et logistique sont traitées directement par les exploitants.

Les vignes sont généralement en excellent état, aidées il est vrai par la volonté de faire du haut de gamme et surtout par la législation Australienne : pas d’AOC, liberté d’arroser / traiter la vigne, mélange des cépages et des millésimes, vendanges à la machine, etc.…

Quasiment tous les cépages sont exploités, sur des surfaces relativement petites, avec cependant une majorité de Shiraz, Merlot et Cabernet Sauvignon, blancs et rouges, qui se portent très bien sur les sols calcaires, et le climat chaud et sec sur une longue période de la région, semblable au Bordelais.

  
La région au nord de Margaret River contient près de 140 exploitations, qui font quasiment toutes des dégustations, ont un restaurant intégré, se diversifie dans d’autres métiers de bouche (chocolats, cafés) ou l’hébergement haut de gamme.

Au final, ça donne quand même l’impression de se balader dans un Disneyland du vin, où ça tourne au ridicule car tout le monde fait la même chose !

Le vin est très bon, excellent parfois, mais les tarifs affichés sont
1) plus élevés que dans un magasin (!)
2) de l’ordre de 25-30$AU la bouteille directement chez l’exploitant, ce qui comme d’habitude en Australie est complètement à côté de la plaque en termes de rapport qualité / prix


Je ne me suis pas trop attardé dans ces boutiques, et le lendemain matin, comme il fait toujours cette météo binaire éclaircie - grosse averse (cycle de 15 minutes, essorage non compris), je décide…. De visiter une autre grotte ! (si je la trouve avec un temps pareil !)

 Cette fois, il s’agit du Lake Cave, qui a 2 originalités : la première, on y accède par un énorme « trou » d’une cinquantaine de mètres de diamètre et de 30 mètre de profondeur : le « plafond » de la première partie de la grotte s’étant effondré (la route passe à 15 mètre à peine, mais la végétation est tellement dense que c'est difficile à voir !)


 
La seconde : comme le nom de la grotte l’indique, il y a un petit lac souterrain, et la lente  baisse du niveau d’eau a crée une étrange formation de calcaire « suspendue » au dessus de l’eau :



J’ai été assez déçu par cette grotte, assez sympathique, mais une visite « expédiée » en 20 minutes au pas de course juste pour ça....