jeudi 25 avril 2013

La Western Australia ! (qui aurait pu être Française...)

Encore un moment culture, pour s’intéresser à cet état fort mal connu qu’est la « Western Australia ».

L’Australie Occidentale est le plus grand des états d’Australie. Sa surface est telle que si cet État était indépendant, il serait le 10ème pays le plus vaste au monde. 
 Si l’Australie est déjà gigantesque vue du Queensland ou du New South Wales, la Western Australia est presque une planète à part entière !

Les climats y sont très variés, allant du Nord tropical, les régions centrales semi-arides, arides et désertiques, méditerranéen à partir de Perth et la région de Margaret River, voire un peu océanique pour la côte Sud. 


Cela dit, l’immense majorité du territoire est très inhospitalier, à l’exception de la région de Perth et de tout le pourtour Sud.

Du Nord au Sud :

- Tout au Nord : La région du Kimberley : célèbre pour ses diamants, qui détient le record de la zone la moins densément peuplé de la planète, parait-il une merveille à visiter pour ceux qui ont le courage de s’y aventurer, avec des températures infernales, une humidité du même tonneau, des inondations ou des sécheresses, des moustiques, des crocodiles, etc...

- La "Pointe" Nord-Ouest : la « petite » barrière de corail, nettement plus accessible que sa grande sœur du Queensland

- Le centre désertique (Pilabra, Midwest) : RIEN ! À part des mines – et Port Headland pour expédier tout ça

- Perth : climat doux et méditerranéen, grande ville semblable à Brisbane, les (belles) plages en bonus (objet du prochain post)

- A l’Est de Perth et dans les terres : la « Wheatbelt » : des champs de blé à perte de vue

- Encore plus à l’Est, entre la WheatBelt et le Nullarbor : les Goldfields dont j’ai déjà parlé : des mines d’or partout, dans une région semi-désertique.

- Tout au Sud-est : le Nullarbor : encore plus RIEN (mais rien de chez rien...cf messages sur le Nullarbor)

- Au Sud Ouest : la région méditerranéenne de Margaret River, un vrai bijou, entre ses plages de surf, ses grottes et ses vignes, plus ses régions fruitières à l’intérieur des terres

- La côte Sud (Great Southern) (le meilleur selon moi) : la région de Walpole-Denmark-Albany : l’exact inverse du Nullarbor : les plus grandes forêts d’Australie avec leurs eucalyptus géants, des plages à couper le souffle, des montagnes de granit  et des baleines pour faire coucou !

Historiquement, c’est via le Nord de la Western Australia que sont arrivés, il y a 50 000 ans, les premiers Aborigènes, depuis l'actuelle Indonésie, et qui ont ensuite essaimé sur tout le territoire, à l’époque où les océans étaient moins profonds.

Cet état est aussi le premier sur lequel les explorateurs Hollandais ont débarqués en 1616 par erreur, au Nord  de l’actuelle ville de Port Headland, mais comme ils ne trouvèrent aucun intérêt particulier à cette terre aride et désolée, ils se contentèrent de dresser des cartes de navigation.

La Western Australia a suscité l’intérêt de la toute jeune République Française puis de l'Empire Napoléonien, lorsque le premier explorateur français à poser pied en 1799 du côté de Shark Bay,  proclama la souveraineté de la République sur la "Terra Australis".

En 1800, une grande expédition scientifique, l'expédition Baudin, fut envoyée vers la "Terra Australis".
Cette expédition fut couronnée de succès, malgré le décès d'une partie de l'équipage, avec 2 bateaux : le Géographe, et le Naturaliste, dont le chemin passa notamment par la Réunion,  l'Australie Occidentale, la South Australia, la Tasmanie, remonta le long de la côte puis passa par le Timor, etc...


La Western Australia comporte de nombreux endroits nommés en Français (et en Hollandais)  : le Cape Naturaliste, le parc naturel D’Entrecasteaux, le point Géographe, la "Baie des 2 peuples", etc.… en hommage aux différents explorateurs.

En particulier, l'expédition prouva, lors de la rencontre avec un navire Britannique venant de South Australia, que la "Terra Australis" à l'Ouest et l'"Australia" Anglaise à l'Est ne formèrent qu'une seule et même terre d'un seul tenant, tout en rapportant de nombreux échantillons, espèces, minéraux, etc...

Malheureusement, Napoléon puis les différents gouvernements ainsi que la courte monarchie Française ne virent pas d’intérêt à fonder une nouvelle colonie si éloignée de tout, et les Britanniques prirent les Français et Hollandais de vitesse en fondant l’actuelle ville d’Albany en 1826, à l’extrême Sud de l’Etat, dont l’activité principale fut la chasse à la baleine jusqu’en 1978.

Aujourd'hui, la Western Australia a « seulement »  2.6 millions d’habitant, soit à peine 10% de la population Australienne, et encore concentrée pour les 2/3 à Perth et sa banlieue.

Politiquement, la Western Australia est un ovni dans la vie politique Australienne. Non contente de ne jamais rien faire comme tout le monde, La Western Australia fut la dernière à rentrer dans l'union Fédérale, et ce à la condition que le nouvel état indépendant d'Australie finance la ligne de train traversant le désert du Nullarbor.
Les habitants réclament régulièrement leur indépendance vis-à-vis de l’autorité de Canberra (il y eu un référendum en 1933, mais il fut rejeté par le Royaume Uni), et c’est aussi l’Etat où l’on trouve le plus de « pro-républicains », qui souhaitent retirer toute référence au Royaume Uni et à la Reine de la constitution Australienne.

Économiquement, sans surprise, l’activité N°1 de la Western Australia est l’activité minière. De ce côté, la Western Australia est le plus « riche » état minier de la planète avec l’Afrique du Sud : Il y a TOUT, et en très grandes quantités : Or dans les Goldfields, diamants dans le Kimberley, mais aussi Charbon,  fer, cuivre, zinc, Uranium, Cobalt, Bauxite, etc.… sans compter les énormes réserves de Gaz Naturel, et le pétrole nouvellement découvert dans la mer du Timor, à l’extrême Nord.

Les gratte-ciels de Perth qui portent les noms des compagnies minières, et les innombrables entreprises sous-traitantes, de pièces de rechange et de machineries lourdes (Liebherr, Caterpillar) en banlieue de Perth ne trompent pas : le secteur est en pleine forme, dopé par les demandes Chinoises et Indiennes en matières premières.

mercredi 24 avril 2013

Road Trip vers Perth: Partie 4: les Goldfields



4ème et dernière partie de mon Road Trip : Après une nuit dans le Bush, nous arrivons le matin dans la « ville » de Norseman, qui marque la fin de la Plaine de Nullarbor. 


A ce stade, nous sommes encore à 800km de Perth, et il est possible d'y aller via 2 chemin très différents :
- Soit tracer par le nord et aller direct à Perth 
- Soit prendre son temps, passer par la belle région côtière puis remonter vers la région de Margaret River

Vu que mon équipage commence à me les briser menu, je prends la responsabilité de « tracer » au plus vite vers Perth, histoire de me débarrasser de certaines personnes de manière morale et légale (autrement, c’était direct par la fenêtre…).

Après coup, j’aurais voulu avoir plus de temps pour visiter la région de Kalgoorie-Boulder, car elle a un grand intérêt tant du point de vue historique qu’industriel.

La région de Norseman – Kalgoorie  - Boulder  s’appelle les « Goldfields », bien nommée car située sur le plus gros gisement aurifère (Or) du monde. 

Le paysage est essentiellement fait de forêts d’Eucalyptus rouges, de collines douces et de nombreux lac salés. La région est semi aride, et il n’y a pas de source d’eau non salée à 600 km à la ronde (charmant pays….)


L’histoire veut qu’au milieu du 19ème siècle,  2 colons perdus dans la région s’arrêtèrent pour soigner un cheval boiteux près d’un arbre. Ils tombèrent sur plusieurs grosses pépites d’or.
Ce fut le début de la ruée vers l’or dans cette région, ruée qui, contrairement aux autres en Australie ou en Amérique, ne s’arrêta pas car la région est aujourd’hui le plus gros gisement d’Or au monde, devant l’Afrique du Sud.

En arrivant vers Norseman, ce qui choque, ce sont les road-trains : on sent clairement qu’on se trouve dans une région minière : ils trimballent soit du minerai, soit des (énormes) engins de génie civil, d'ailleurs voici un des plus gros :Un camion qui tire un autre camion, qui tire une méga-pelleteuse ! 


"Yo, Dawng, I've heard you like towing trucks, so I put a truck on your truck so you can tow a towing truck..."

La région ne compte pas moins d’une trentaine de mines d’or en activité, et il faut faire très attention aux camions qui peuvent surgir à chaque virage.

Les villages traversés semblent sorti tout droit de Lucky Luke : les façades de saloons crasseux, du barbier et de la mairie datent en général des années 1850, à tel point qu’on se croit vraiment au Far West (ce qui est techniquement vrai….).

La plus grosse mine d’or du monde se trouve à Kalgoorie, et elle porte le nome de « Super Pit ». Les dimensions sont à l’échelle de l’Australie (et de l’avidité de l’humain pour le métal jaune) :

Pour donner une idée des dimensions, les petites taches jaunes au fond du trou sont des « dumpers » : des camions géants de 200T, chacun haut comme un immeuble de 3 étages….


Étant donné qu’il fallait faire un gros détour d’une centaine de km pour y aller, je n’ai pas osé, mais je le regrette maintenant, au vu de son intérêt « culturel ».

La route trace ensuite tout droit vers l’Ouest, en suivant un gros pipeline sur 600 km. Il s’agit du « Golden Pipeline », chargé d’acheminer de l’eau potable depuis un barrage sur les hauteurs de Perth à la région des Goldfields, et ce sur plus de 530 km !


Ce pipeline a été construit dans les années 1910, et fut à sa mise en service le plus long du monde et le plus gros exploit technique Australien, avec le Snowy Mountain Water Scheme, son équivalent dans le Victoria.

En effet, non seulement il fallut construire le pipeline, mais la région des Goldfields se situe à une altitude plus élevée que la source ! Du coup, une dizaine de stations de pompage à vapeur relevaient régulièrement le niveau d’eau, le bois nécessaire  étant fourni  par les nouveaux agriculteurs qui déforestaient massivement pour faire place aux champs de blé.


Aujourd’hui, ces stations sont soit à l’abandon, soit des musées, et ont été remplacées par un réseau de stations de pompage électriques automatisées, car cet ancien pipeline est toujours en activité, et est vital pour toute la région !

La route se poursuit jusqu’à Perth, et à part le pipeline, la région entre les Goldfields et Perth n’est qu’une succession ennuyeuse de champs de blé. 

Nous arrivons donc à Perth, exténués (surtout moi) par ce long parcours, mais content de me séparer de certains de mes covoitureurs devenus insupportables.

mardi 23 avril 2013

Road Trip vers Perth : Partie 3 : La Plaine de Nullarbor (2ème partie)



La seule véritable « Attraction » de la plaine de Nullarbor est la frontière entre les états de la South Australia et de la Western Australia, à un endroit appelé "Border Village" : 


Et un "machin" en carton-pâte, même vraiment moche, ça fait toujours rire avec ce paysage :

D’habitude, les frontières entre états d’Australie ne sont au plus que des lignes administratives, sauf à ce point précis, où les « douaniers » Ouest – Australiens procèdent à une inspection approfondie de chaque véhicule pour un contrôle sanitaire.
 
Il est interdit d’apporter en Western Australia toute sorte de fruits, légumes, terre, graines , miel, plantes ou insectes, de peur que ceux-ci apportent avec eux des parasites.

Résultats : on sort les sacs du véhicule, et on a l’obligation de jeter toute la nourriture non-industrielle (boites, pâtes, bouteilles sont OK). Nous sacrifions donc 3 oignons, on va pas pleurer pour eux ^^.

Ensuite, c’est à nouveau le long ruban qui défile. La route descend ensuite en dessous du plateau vers une autre plaine un peu moins désertique,


 C'est aussi l’occasion d’observer des dizaines de grands aigles Australiens (Wedge Tailed Eagle) le bord de la route.
 Là encore, qualité maximum de l'appareil photo :




Pour info, ces aigles sont quand même très imposants, et se disputent la nourriture de la plaine avec les corbeaux. voici l'echelle par rapport à un humain :

Ils se nourrissent des « roadkills » : les Wombats et Kangourous qui traversent bêtement devant les camions et qui finissent en viande hachée le long de la route. 
  Qui n'a faim ?

Les Road-trains sont toujours équipés de solides pare- buffles, conçus pour totalement protéger la cabine des collisions avec les animaux, même les plus gros, ce qui permet de ne pas avoir à s’arrêter pour enlever les morceaux, mais qui ne laisse aucune chance aux bestioles.
 Et PAF ! Le Kangourou ! (150 tonnes d'acier lancés à 120 km/h dans la tronche, ça doit être violent...)

La route devient donc un petit écosystème à elle toute seule, car les cadavres de kangourous (innombrables) fournissent une abondante viande de qualité aux corbeaux et aux aigles, les camions « régulant » aussi la population des oiseaux un peu trop concentrés sur leur repas…. 
Et re-PAF ! L’Aigle !

Et la route recommence, après un plein hors de prix dans une Road House mal tenue, la route remonte sur le plateau, le temps d’admirer la plaine basse :



Et d’entrer sur la plus longue ligne droite de toute l’Australie (et peut être du monde, cela dit on doit pouvoir trouver l’équivalent en Russie) : 146 km strictement tout droit ! (j’ai même du réveiller mes covoitureurs pour les prévenir du virage à la fin…)




La fin de la plaine se fait sentir, avec de plus en plus d’arbres et des « forêts » progressivement de plus en plus hautes et denses, et des collines ! (ça n’a l’air de rien mais ça change vraiment la vie !), avec une nuit réparatrice avant une autre longue route vers Perth à travers les Goldfields.

Avec le coucher de soleil, oui, mais en plein dans la gueule ! (bah, on file plein Ouest !)




lundi 22 avril 2013

Road Trip vers Perth : Partie 2 : La Plaine de Nullarbor (1ère Partie)



Après la déception de la Péninsule d’Eyre, nous reprenons la route après Ceduna pour attaquer le « gros » morceau du Road Trip : la Plaine de Nullarbor ! 

Après Ceduna, nous arrivons à notre première halte : Cedong, où je refais le plein de gasoil, et dernier point d’eau « sûre »  avant Norseman. Les panneaux indiquent clairement aux voyageurs qu’ils doivent se préparer avant de traverser le Nullarbor.

La plaine de Nullarbor représente une gigantesque région de  plus de 200 000 km², à cheval entre la South Australia et la Western Australia, qui s’étend sur 1200 km, à laquelle on rajoute les régions désertiques avoisinantes.
Il s’agit d’une des zones les plus vides, les plus arides et la plus….plate de la planète ! 


Cette région est en réalité une partie du « plateau continental » (le fond sédimentaire de l’océan)  de la Grande Baie Australienne (l’océan situé entre l’Australie et l’Antarctique), qui s’est « soulevé » d’un bloc suite aux mouvements de la plaque Australienne, créant cette région bizarre.

L’explorateur Edward John Eyre (qui donna son nom à la péninsule) fut le premier Européen à traverser cette plaine, en la décrivant comme « une anomalie hideuse, une erreur de la Nature, un paysage de cauchemar ».

En effet, « Nullarbor » en latin signifie absence (Nullus) d’arbres (Arbor). Le paysage est véritablement inquiétant, comme si on explorait une autre planète :



Les britanniques ne s’y sont pas trompés en réalisant leurs premiers essais nucléaires dans cette région.

La région est aussi totalement aride : il tombe moins de 100mm d’eau par an en moyenne, et les températures peuvent monter jusqu’à 50°C en été. Il n’y a pas d’eau non plus sur ce plateau calcaire, pas plus que de nappes phréatiques. Toute l’eau doit être apportée par camion citerne aux différentes « Road House » (stations services) sur la route, qui la font payer très cher !


La route qui traverse le Nullarbor s’appelle la Eyre Highway, en hommage à Edward John Eyre cité plus haut.

La route en elle - même ne présente aucune difficulté particulière, un véritable billard en parfait état avec d’interminables lignes droites. Les seuls véritables dangers sont la surchauffe du moteur en été (mais il y a suffisamment de trafic (1 véhicule / minute en saison basse) pour ne pas avoir à attendre trop longtemps en cas d’incident) et l’endormissement du conducteur (pris très au sérieux dans ce pays)

Techniquement, cette route ne « traverse » la plaine de Nullarbor qu’à 2 courts endroits, car le reste du temps elle longe la côte (où il y a quelques arbres et des petites variations de pentes). Par endroits, la route se rapproche suffisamment pour découvrir la côte : 




Des falaises abruptes et instables, mais dont l’océan est le point de passages de baleines et d’autres mammifères marins qui adorent ces eaux froides pleines de plancton.

Comme il fait 20-22°C au plus chaud de la journée, la seule distraction est d’écouter de la musique ou de regarder passer les Road-Trains (énormes camions multi-remorques).

A la fin de la journée, nous choisissons de « finir » nos réserves de fruits et légumes frais avant de passer la frontière entre la South Australia et la Western Australia.

Nous nous établissons à un des rares endroits où il est possible de voir la mer, ce qui nous permet d’apprécier le coucher de soleil !