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vendredi 21 juin 2013

Vente du van, ou dernières emmerdes avant fermeture.



Le moment est venu de vendre le van. Bien. Plus facile à dire qu’à faire !

Après les aventures précédentes pour la REGO (et l’arrachage de cheveux qui allait avec…), l’idée est de vendre le van sans trop le brader.
 
En effet, mon expérience passée à Brisbane en Octobre-Novembre 2012 (cf. message : ) m’a démontré qu’il valait mieux s’y prendre à l’avance. Selon l’endroit et la période, vendre ou acheter un véhicule peut être très facile ou ardu au possible.


Manque de chance, je suis « au mauvais endroit », et « au mauvais moment » : en ce moment (début de l’hiver), c’est la basse saison en Australie, et les backpackers se ruent vers le Nord (Broome, Darwin, Cairns), car c’est la saison sèche (Au sud de Perth, il n’y a plus de travail de ferme, et les emplois touristiques sont au plus bas en cette période)

A l’inverse, l’idéal aurait été d’être à Cairns Fin Octobre – Novembre, lorsque la saison bat son plein pour les backpacker, qui souhaitent acheter un véhicule pour redescendre vers la côte.

N’ayant pas (encore) pris mes billets retour, je me rassure en me disant que j’ai tout mon temps, et que j’ai tout fait pour faciliter la vente, en faisant en sorte que le futur acheteur n’ait rien à penser / réparer / ré-investir dedans.

Je mets donc mon van en vente sur Gumtree (le « LeBonCoin » Australien), avec une dizaine de photos assez « flatteuses » du van, une liste de l’équipement (l’idée est de vendre le « pack » complet, à des backpackers tels que moi.)





La question du prix est évidemment essentielle, et vu que j’ai « investi » plus de 13 000$ au total (couts d’achat, réparations, équipement, sans compter le temps passé à tout retaper), je n’ai aucune envie de le brader. Je le mets donc en vente à 10 000$.

A ce moment, je sais pertinemment que je n’aurais pas beaucoup d’appels. Il faut dire que la plupart des backpackers sont des jeunes totalement fauchés, qui ne peuvent généralement pas investir plus de 3 000 $ dans un véhicule.

Quelques jours plus tard, je reçois mon premier appel : un Allemand de mon âge, intéressé par la fonction tout terrain du van (ce qui explique son prix !).

Après une visite assez complète, il découvre…. Que la partie intérieure arrière du toit est bouffée par la rouille !


Je n’avais jamais fait attention à cet endroit, car il était couvert par le joint ! Confus, je m’excuse auprès de mon « client », et me met en recherche d’un carrossier.

Là encore, j’ai eu droit à tout type de délires de la part des carrossiers ("Panel Beater") Australiens : la plupart souhaitaient retirer l’intégralité du contenu du van, ciel de toit inclus, découper une partie puis ressouder / repeindre, le tout pour au minimum 1200$....

Comme d’hab, la persévérance (et la concurrence !) a finit par marcher, car le même jour je trouve un carrossier sympa qui bosse à son compte, et qui comprend très bien que remettre 1000$ pour une petite opération n’en vaut pas la peine.
Heureusement, la partie rouillée, tout aussi moche soit-elle, n’a pas attaquée la carrosserie en profondeur.
Elle a été causée par une lampe additionnelle, fixée par Wicked Campers avec une… vis autotaraudeuse trop longue, qui a percé la coque externe et permettait à l’eau / humidité de pénétrer le métal à cet endroit précis.

L’incompétence de Wicked Campers encore démontrée, ils réussissent à me pourrir la vie comme une bombe à retardement.

Après un grattage énergique de partie rouillée, puis un traitement chimique anti-rouille, je repasse chez le carrossier pur la finalisation avec du mastic et de la peinture.



C’est moche, mais ça ne rouillera plus ! Et 150$ en moins…

L’allemand me signale qu’il doit voir d’autres véhicules. Ça m’embête, car pendant ce temps, les clients ne se bousculent pas au téléphone ! J’ai même un mec qui prend le temps de m’écrire un message pour m’insulter comme quoi il est trop cher…

Après un rapide coup d’œil sur Gumtree, et en comparant avec les autres Mitsubishi Delica en vente à Perth, je vois que le mien est clairement surévalué.

Je revois mon prix à la baisse, et en profite pour aller afficher l’annonce dans une vingtaine d’auberges de jeunesse, dans les quartiers de Northbridge, East Perth et Fremantle. Dans la foulée, je me fends d’un stylo blanc effaçable et marque « For Sale » en gros sur le van ainsi que mes coordonnées.

A ce moment, je ne peux plus attendre pour prendre mes billets, si je souhaite passer par la Corée voir Paul et Émeline (cf. leur blog :), car la saison des pluies commence début juillet à Séoul.  C’est ça, ou attendre Septembre !

Un nouvel appel, par un australien qui semble très intéressé. Échange de mails, indication et information complémentaires, prise de RDV au Nord de Perth…

Et rien ! La veille, le gars ne me confirme pas le RDV. Je me pointe quand même, je poireaute 1H sur un parking à Hillary’s Marina… que dalle. Je mange un morceau, et d’autres Australiens qui avaient aperçu le van ( et le signe « For Sale » s’approchent). Eux aussi cherchent un Delica, mais plus une version « Vide » et sans moquette pour trimballer leur chien. Au moins, je ne suis pas venu totalement pour rien !

Le jour suivant, je rappelle l’Allemand qui m’avait un peu laissé en plan. Il n’avait pas vu mon dernier mail, et me demande des documents supplémentaires (le rapport de l’inspection que j’avais fait passer au Queensland il y a 3 mois). Il est toujours intéressé, mais me demande une inspection complémentaire par Mitsubishi. Vu que ce genre d’inspection n’est pas gratuite, et que je ne suis pas sûr si il achètera le van ou non, je lui propose de faire 50/50.

Pas de nouvelles pendant quasiment une semaine, et toujours aussi peu d’appels. Je relance l’ « acheteur » qui m’a posé un lapin à Hillary Marina, et toujours rien.

Devant l’urgence, je revois mon prix une 3ème fois sur Gumtree. Peu après, je reçois un appel d’une Australienne souhaitant faire une année sabbatique, et faire le tour de son pays en Campervan.

Quelques jours plus tard, j’ai enfin des nouvelles de Philipp, l’Allemand du début. Il a temporisé ses recherches pour des problèmes familiaux. Il en profite pour me faire une offre « ferme » à 6500 $, très inférieure à ce que je pensais tirer du van.

 "36 15 Code Qui n'en veut ?"


Je lui fait une contre offre plus proche de mon prix (7500$), sachant que le temps commence à jouer contre moi (nous sommes alors le 15 juin, et je décolle le 26 !)

J’ajuste une dernière fois mon prix sur Gumtree, à 7500$ précisément. Je reçois un premier appel, un Australien souhaitant faire un échange avec son break. Pas intéressé, je décline.
Un autre email d’un personne située à Geraldton, qui semble très intéressé, mais qui ne pourra pas être à Perth avant le 23 Juin. N’ayant pas le goût du risque,

Je reçois un autre message d’une personne intéressé, m’enjoignant à lui envoyer un email avec quelques précisions supplémentaire.
Quelques minutes plus tard, je reçois un autre message m’expliquant qu’il prend le véhicule à ce prix, sans avoir même vu le van, et qu’il compte me payer via Paypal, après avoir confié le véhicule à un exportateur.

« Thank you for the mail, I am okay with the condition Likewise your asking price is quite reasonable and affordable considering others I've seen lately, I'll have it for the listed price, please kindly send me your BANK details or pay pal payment email and name to set up purchase, as I don't have access to my bank account online as am not with my credit card details here on our mine site but i have my ANZ bank account linked up with my PayPal account so I will be paying you through PayPal to your nominated bank account.
I will arrange for pickup and delivery by my freight agent after the cleared payment to your account.
Many Thanks »

Flairant l’arnaque grossière, je copie -colle ce message dans Google, et c’est effectivement un Scam  (arnaque africaine assez classique).

Un peu déprimé par l’urgence de la situation, je relance l’Allemand et les autres acheteurs potentiels.

Je propose au gars de Geraldton de remonter vers sa ville pour lui présenter le véhicule. Il me répond que sa femme n’aime pas la peinture …


L’Australienne, quant à elle, s’est mise en recherche d’un véhicule beaucoup plus récent.



L’Allemand me répond enfin, que son offre tient toujours (Achat à 6500 moyennant une inspection préalable). Par contre, lui non plus n’aime pas la peinture (il n’aime pas Kiss, apparemment…), et souhaite la refaire. Là, un peu énervé, je lui réponds qu’il est stupide de refaire une peinture neuve sur un véhicule tout-terrain, et qu’à la limite il est plus logique de le faire à la fin d’un voyage !

Par contre, l’urgence étant là, j’accepte l’offre malgré tout, en me disant que c’est mieux que rien.

Une prise de RDV chez un garage officiel Mitsubishi plus tard (nous sommes déjà le 20 Juin !), le camion passe sur le « billard » le Mercredi, durant 2 heures. L’inspection est moins chère que prévue (140 $), et étant donné qu’ils ont fait un très bon boulot la dernière fois pour trouver un court-circuit, j’ai plus plutôt confiance en eux pour une fois…

Le mécano Mitsubishi est plutôt rassurant : selon lui, il a rarement vu un Delica de cet âge (18 ans quand même !) et de ce kilométrage en si bon état. Mais il a quand même trouvé 3 éléments posant problème :
- Les balais d’essuie glace sont morts (bon, c’est pas le plus compliqué !)
- Il y a un suintement d’huile à l’arrière du couvre culasse. Apparemment, ça n’est que le joint à changer.
- Plus inquiétant : les roulements avant sont morts (il y avait un  bruit bizarre lorsque je braquais à fond pour manœuvrer, c'était donc ça...)

Comme point final de la négociation, je propose à l’Allemand de changer les balais d’essuie glace et le joint de couvre-culasse moi-même et à mes frais, les roulements restant à sa charge (c’est une opération assez lourde)

L’après midi même, j’achète donc de nouveaux balais d’essuie glace, et un joint de couvre culasse pour ce moteur (« rocker cover joint »), auquel j’ajoute un tube de joint silicone haute température à placer autour pour parfaire l’étanchéité

L’installation est bien moins aisée que je ne le pensais ! Le fait qu’il y ait très peu de place autour du moteur et la quantité de tuyaux / fils rendent l’opération très complexe, d’autant qu’il faut attendre que le moteur refroidisse…

L’opération  est presque « à cœur ouvert » : après le retrait de l’échangeur : il s’agit de retirer « seulement » 2 vis pour retirer le couvre-culbuteur, avec une belle vue sur la chaîne de distribution.



Une fois retiré, l’ancien joint était effectivement légèrement fendu à l’arrière, d’où les suintements d’huile qui continuaient à salir l’arrière du moteur.

L’étanchéité comporte aussi 2 joints additionnels en forme de demi-lune, à l’avant et un à l’arrière, qui doivent aussi être remplacés.

La partie la plus difficile et la plus pénible est de jointer tout le pourtour de la culasse avec le silicone. L’accès à l’arrière est abominable, et en plus le tube explose dans mes mains. Joie….

Après la remise en place de l’ensemble (il est déjà 6h du soir, et il fait nuit !) je conviens d’un RDV avec l’Allemand le lendemain à 8 h pour faire l’inventaire du matériel.

Le lendemain matin, nous déposons mes affaires personnelles dans une Auberge de Jeunesse du quartier de Northbridge. A ce moment, je repère une petite tache d’huile fraîche sous le véhicule. Je n’y fais pas plus attention sur le moment, l’endroit est farci de vieilles voitures, et depuis hier, mon moteur semble propre.

Nous retournons à l’Auberge de jeunesse de l’Allemand pour passer en revue l’intégralité du matériel contenu dans le van. Nous convenons ensuite d’un RDV final pour le paiement l’après midi même, car il a un coup de fil familial important à passer entretemps.

En reculant, j’aperçois à nouveau une trace d’huile fraîche. Je décide de m’arrêter quelques kilomètres plus loin pour vérifier si mon nouveau joint tient la route. Et là : catastrophe : je découvre que l’arrière du moteur pisse l’huile de partout….

En urgence, je décide de courir au car-wash le plus proche, afin de dégraisser le moteur et la boite, afin de savoir d’où vient cette putain de fuite.

Un nettoyage express plus tard, je démonte en vitesse l’échangeur puis le couvre culasse, glisse la main derrière les culbuteurs, et je découvre que le joint demi-lune arrière que j’ai remplacé est manquant. Il a dû glisser au moment où j’ai remis le couvre culasse en place.
Résultat : c’est comme si il y avait un trou gros comme le doigt au niveau de la culasse, et j’ai perdu un bon litre ou deux d’huile…

Le problème, maintenant, c’est de retrouver ce type particulier de joint. Le magasin dans lequel j’avais acheté le précédent ne l’a plus en stocke, et me redirige vers le garage Mitsubishi. Ceux-ci me répondent qu’ils peuvent l’avoir en fin d’après midi.

Je me retrouve donc à prendre le bus, retourner au garage, prendre le joint, retourner à la voiture, et  à rappeler l’Allemand que j’ai eu un problème de dernière minute… vraiment pas sérieux le Rémi…
A la tombée de la nuit, je défais ce que j’ai fait la veille, remet en place les joints, re-jointe le tout avec le silicone, replace correctement le couvre culasse en maintenant le joint arrière.

Le lendemain matin, c’est enfin le RDV pour la vente effective du van, au Département des transports de Western Australia. Nous faisons connaissance avec l « administration » australienne, où les préposés savent même pas rendre la monnaie sur 20$ pour une taxe payée en liquide.

Il prend le volant, et me tend les 6500 $ convenus, en liquide et en billets de 100. Ah, les Allemand et les gros billets, il y a des clichés qui se vérifient…

Il me dépose devant l’auberge de jeunesse qui sera ma maison jusqu’à moin départ, et quelques dernières photos de ce qui fut ma maison pendant presque 8 mois :

Qui a dit que j'étais trop attaché à mon van ???


 Dernier cliché en honneur de Gene Simmons

Bon, allez, la meilleur de Kiss, qui s'applique bien à ce départ :


Triste ? un peu.... Soulagé ? certainement !

vendredi 31 mai 2013

Les joies de préparer son Van à la vente, ou balade dans les méandres des préfectures Australiennes



Je me suis enfin décidé à vendre mon Van ! 


...Sauf que c'est bien plus dur qu'il n'y parait...

La première opération est de le nettoyer de fond en comble (facile), puis de se renseigner sur les modalités pour vendre un van en Western Australia, et c’est là que tout devient horriblement compliqué.

Mon van est immatriculé dans l’Etat du Queensland. Or, il faut savoir que le système d’immatriculation en Australie est bordélique et illogique au possible, surtout si on considère que l’Australie n’a « que » 23 millions d’habitants.
L’immatriculation d’un véhicule s’appelle la « REGO » (Registration). Il s’agit à la fois de l’équivalent de la carte grise, de la vignette, des plaques d’immatriculation et d’une assurance au Tiers réunies.
La REGO doit être renouvelée régulièrement (3, 6 ou 12 mois), et est assez chère (1 200$/an pour mon van au Queensland par exemple). Elle est particulière à chacun des 8 Etats (QLD, NSW, VIC, TAS, SA, NT, WA, ACT), et les prix varient du simple au double.
L’argent récolté sert (en principe) à construire le réseau routier, entretenir le réseau existant, etc.…
La REGO inclus aussi l’assurance au Tiers obligatoire, ce qui fait que les assurances automobiles Australiennes sont assez abordables en général.
Au passage, ce système permet les plaques personnalisées, moyennant un montant supplémentaire, ce qui n’empêche pas les riches Australiens d’y poser leurs initiales ou de répéter les caractéristiques de leurs voitures (ex : 63 AMG C pour une Mercedes CLK 63 AMG)…. Vanitas vanitatum omnia Vanitas… (et au passage, cela s'appelle officiellement des... "Vanity Plates")

Le mec a personnalisé les plaques d'une R16... fallait oser quand meme !
Ah oui, la, y'a du level !


Le problème, c’est que chaque Etat invente ses propres lois, dont certaines tournent au délire, sans aucune cohérence avec les autres Etats (alors qu’ils sont étonnamment prompts à se communiquer les amendes…)
Le Queensland, de ce point de vue, a la palme d’être l’Etat à la fois le plus complexe, le plus cher et le plus con : non seulement la REGO est hors de prix (600$ pour 6 mois), n’a aucun sens (le prix est en fonction … du nombre de cylindres…), et en plus, il faut passer un contrôle technique à CHAQUE renouvellement de REGO, ou de session de véhicule…
Conséquence : si on se trouve en dehors du Queensland au moment où la REGO expire, le véhicule devient illégal, et il faut retourner au Queensland si on veut renouveller la Rego / vendre le véhicule (ce qui n’est pas une mince affaire dans un pays large de 6 000 km…)

Les autres états ne sont pas en reste : certains acceptent  les renouvellements de REGO par Internet, d’autres font passer des contrôles techniques une fois l’an, certains ne s’embarrassent pas de telles délires, mais impose des équipements que les autres ne font pas, etc.…
(Essayez d’imaginer le boxon si par exemple la Région  Centre avait des lois d’immatriculations différentes de Rhône Alpes, si la Corse ne demandait pas de contrôle technique ou que la Carte Grise coutait 6 fois plus cher à  Paris…)

Vous allez me dire : pourquoi avais-je insisté, au moment de mes démêlés avec Wicked Campers, pour avoir une REGO au Queensland ?
Très simple !
- C’était eux qui payaient
- Les forcer à passer au Queensland sous-entendait le passage du contrôle technique (Roadworthy Certificate, RWC), et bien m’en a pris, cf mon message à ce propos :
http://aventures-en-australie.blogspot.com.au/2013/02/update-de-ma-situation-fin-fevrier.html
- Ça me garantissait un renouvellement partiel de la REGO pour 3 mois de plus, toujours aux frais de ces tocards


A contrario, avoir une REGO en Western Australia a plusieurs avantages pour les backpackers tels que moi :
- Elle est renouvelable directement par internet sans conditions (sans contrôle technique)
- La session / vente d’un véhicule peut aussi se faire par Internet, sans conditions (et en particulier sans contrôle technique !)
- C’est la moins chère ! (la moitié des coûts du Queensland, 350$ pour 6 mois)


Maintenant, je suis en Western Australia. Les plaques du Queensland m’empêchant de vendre le van en l’état (il est techniquement possible de le faire, mais l’acheteur doit se taper tout le boulot administratif, ce qui n’est vraiment pas vendeur…), je dois donc immatriculer le Van en Western Australia.

Sauf qu’il y a plusieurs problèmes :
- Le transfert de REGO d’un état à la Western Australia n’est possible qu’à condition de repasser un contrôle technique (incohérence par rapport à l’absence de contrôle pour le reste), sauf si on est proprietaire dudit vehicule depuis plus de 12 mois... Pourquoi ? on n'en saura jamais rien...
- D’installer un anti démarrage (obligatoire en Western Australia, mais pas dans les autres Etats…)

Donc, me voici à devoir préparer le van, afin qu’il passe le contrôle technique sans encombre. Et pour cela, plusieurs choses :

- Changer le pare brise, à cause du caillou envoyé par un road-train, qui a fracturé le verre, il y a 2 semaines


 et vlan ! 340 $ ! pas le choix, obligé de passer par l’équivalent Australien de chez Carglass

- Changer les pneus : Effectivement, les 2 pneus arrière sont au bout du rouleau, il est impératif de les changer. Comme les tarifs des pneus neufs pour ce véhicule sont prohibitifs (400$ la paire !), je pense à rechercher des pneus d’occasion.
Là encore, j’ai découvert un truc auquel je n’avais pas trop fait attention : je croyais que mon van avait 2 paires de jantes différentes. En réalité, j’avais… 3 types de jantes différentes ! (2 à l’arrière, 1 de chaque devant…)(encore un bricolage signé Wicked…)
Ça ne serait pas un problème, si la réglementation n’interdisait spécifiquement pas de porter des jantes identiques par paires….
Du coup, je me mets en recherche de roues pour Delica sur les sites de petites annonces. J’en trouve un, qui les vend avec les pneus d’origine, encore en bon état, ce qui fait bien mon affaire.
Malheureusement, je découvre que ces pneus sont d’une taille différente, et n’existent pas en Australie (225/80 R15 au lieu de 235/75 R15). Le Delica étant un véhicule importé, ces nouveaux pneus était en fait ceux d’origine, fabriqués et vendus exclusivement au Japon. La différence de taille (5 mm sur le diametre) peut sembler minime, mais elle crée des torsions importantes au niveau des différentiels, et c’est illégal et dangereux.

A la fin, je finis par trouver 2 pneus corrects d'occase chez un spécialiste coréen, qui me les monte et les équilibre dans la foulée…

Bref, je réserve un créneau au centre d’inspection des véhicules, pour un Lundi début d’aprème.

SAUF QUE : je découvre le Dimanche précédent qu’il faut installer un système d’anti démarrage agréé dans cet Etat ! (ce n’est pas obligatoire dans les autres Etats…). Passons sur l’utilité réelle de cette disposition, dans un pays ou la délinquance est très basse et où l’export de véhicules volé est quasiment impossible (c’est une île !).
Du coup, dès Lundi matin, il faut que j’installe un antidémarrage (immobiliser). Là encore, en passant chez les électriciens autos, j’ai droit à tout types de délire. Le premier veut me faire cracher 500$, le second 200$. A la fin, j’en trouve un qui me vend un kit 50$, mais dont l’installation se révèle plus hardue que prévue, d’autant que je n’ai pas le schéma électrique du circuit de démarrage.

A la fin, je vais demander à l’arrache au centre d’inspection si ils n’ont pas des adresses pour le faire installer, heureusement, un électricien auto me l’installe en moins d’une heure.

Ma joie est de courte durée : j’arrive juste à l’heure au contrôle technique, ce qui n’est pas du tout du goût de l’inspecteur, qui me signifie clairement qu’il n’est pas content. Ça part mal.

L’inspection se passe, phares, clignotants, mesure de jeu dans la direction, etc...Le tout en râlant parce que « je lui aurait fait perdre une après-midi » (oui, bosser c’est dur mon pote !)
A la fin, il se ramène, encore plus désagréable, en me signifiant que mon véhicule est recalé.

Raison : les… vitres teintées à l’arrière ! J’apprends à mes dépends qu’elles sont trop noires (raciste !), et même si j’argue que ni le pare-brise ni les vitres latérales ne sont teintés, ça ne change rien.
Je me justifie en précisant que j’avais fait teinter les vitres de manière parfaitement légale dans le Queensland, et que je ne connais pas toute les subtilités des différents règlements locaux Australiens…
Il me répond sèchement qu’ici, c’est la Western Australia, et que si je suis pas content (tu m’étonnes !), je n’ai qu’à retourner dans mon pays !
Un peu décontenancé devant une aussi belle démonstration de connerie, je lui précise que je le trouve insultant et xénophobe. Devant ses collègues, il retourne l’accusation contre moi en m’accusant de ne pas aimer l’Australie, et donc de l’avoir insulté lui… (Les Australiens confondent volontiers Patriotisme, nationalisme et xénophobie. Ça leur ferait du bien d’avoir des frontières et de savoir qu’il y a un monde autour de leur pays…)
Là, je réalise que je suis vraiment tombé sur la caricature du petit connard de chefaillon sans avenir qui se venge de sa vie de merde en faisant chier les autres….

Voyant que le dialogue ne mènera à rien face à des abrutis pareils, je me tire direct.
100$ dans les dents. Encore.

Après vérification, je découvre qu’il y a un autre délire juridique inter-Etat : la loi fédérale précise que la teinte maximum des vitres auto doit être de 35%, mais chaque Etat en fait sa propre interprétation. Pour le Queensland, seules les vitres avant sont concernées, mais ce sont toutes les vitres en Western Australia…

Et me voilà donc à faire le tour des boutiques de teintes de vitre, afin de faire enlever ce qui m’avait coûté 300$ à mettre. A faire et à défaire, on n’est pas à rien faire….

80 $ d’enlevage de teinte et une prise de RDV plus tard, je repasse le contrôle technique, cette fois pour 60 $, mais surtout pas au même endroit !
2 jours plus tard, je repasse le contrôle sans encombre, avec un inspecteur super sympa, et j’en profite pour immatriculer le véhicule de manière officielle en Western Australia, pour 350$ pour 6 mois.

Au total : 100$ pour les jantes, 160$ pour les pneus, 30$ de main d’œuvre, 150$ pour l’anti démarrage, 100$ pour le contrôle technique, 80$ pour enlever la teinte, 60$ pour repasser le contrôle technique, et 350$ pour la nouvelle immatriculation….

MERCI LA COHERENCE DES LOIS AUSTRALIENNES !

Bon, va falloir le vendre maintenant…





mercredi 8 mai 2013

Retour à Perth: Le Retour de la Forêt, ou le verre brisé ça porte bonheur !




Suite et fin de mon méga road-trip dans le Sud de la Western Australia : le retour à Perth !

Comme dit dans le message précédent, je n’ai pas eu l’envie de pousser jusqu’au Wave Rock ou jusqu’à Esperance, principalement en raison d’un (très) gros passage d’orages sur toute la région, et qui va durer plusieurs jours.

En quittant la William Bay au matin, le ciel est équivoque :

En roulant, c’est le même délire qui recommence : une méga-averse de 5 minutes, puis 15 minutes de beau temps, etc., etc.

J’arrive à Walpole et tombe sur une carte touristique indiquant les différentes choses à voir. Je retrouve donc le site du Tingle Tree et le fameux « Inlet » de Walpole.

Mon objectif est de remonter en ligne droite vers le Nord, par la ville de Manijump, histoire de ne pas repasser par Margaret River

L’arrière pays de Walpole recèle encore bien des secrets : comme j’ai droit à une éclaircie, je file aux « Circular Pools », des sortes de petits étangs rond créés par la rivière qui les alimente :




Je me dirige ensuite vers un des point remarquable : le mont Frankland, à une trentaine de km au Nord. Je m’engage sur une longue piste en terre en plein milieu de la forêt (heureusement en bon état malgré les pluies de la matinée, mais ça glisse quand même !)


Pour finalement grimper au Mont Frankland . Il s’agit d’un petit sommet d'environ 400 mètres de haut, comparable à Porongurup / Castle Rock vu précédemment : l’érosion a laissé apparaître une énorme monolithe de granit, qu’il est d’ailleurs quasiment impossible de voir lorsqu’on se trouve à proximité tellement la forêt est dense…


Le temps commence à se gâter, mais j’ai quand même l’occasion de réaliser de beaux panoramas :





Ensuite, je trace tout droit vers l’Ouest via une autre piste en terre, sensée rejoindre la route de Manijump à une vingtaine de km. 

Le GPS est complètement perdu, mais sur la route, j’arrive quand même à un endroit appelé « Fernhook Falls » :


Tout une zone de camping est installée à proximité, et une des plus équipée de ce que j’ai pu voir jusqu’à présent : grands abris pour les groupes, les traditionnels barbecues,  des mini-chalets ouverts aux campeurs.
 Chaque personne ayant passé la nuit dans cet abri se doit de raconter ses exploits dans le lit en bois situé derrière... intéressant...

Le tout à côté de la rivière, et d’une sorte de bassin. La couleur rouge-orange est dûe à le très forte concentration des sols en oxyde de fer. Dommage que le temps ne soit pas de la partie !



Quoique, le temps se découvrant un peu, j’en profite pour piquer une petite tête et manger un bout !
En réalité, la rivière a de très grosses variations de niveau entre le printemps, l’été et l’Automne. Les « Fernhook Falls » sont un point de départ de randonnées en canoë kayak jusqu’à Walpole. En fonction du débit, il faut entre 6 et 16 h pour faire les 30 km.

Lorsque je repars, l’éclaircie laisse place à une incroyable averse, le tout sur une piste en terre et gadoue pas franchement sécurisante… heureusement que j’ai le 4x4 !
Au bout de quelques km, je rejoint enfin la route, mais le temps ne s’améliore pas pour autant !

J’arrive à Manijump, et je recherche le dernier des arbres géants sur lequel on peut monter : le « Diamond Tree ». Je crois avoir de la chance lorsqu’une éclaircie se pointe, l’entrée du parking n’est qu’à 500 mètres et là….

SLACK ! Un road-train venant en face me projette un caillou sur le pare brise !!!


Pile-poil dans le coin inférieur gauche. A y regarder de plus près, le caillou n’a pas cassé la première couche (les pare brises ont 2 couches de verre), mais la seconde s’est carrément fendue….

Encore des frais en perspective…. MERCI CONNARD ! J’avais vraiment envie de me jeter encore 350$ en l’air, tiens !

De rage, je me gare au Diamond Tree pour inspecter les dégâts. J’en profite pour me calmer en grimpant en haut d’un…. Autre arbre géant :



Même hauteur, même conditions de sécurité que les autres:
 Allez, je me cale en haut et je miaule, puis dès qu'on vient me chercher je redescend par moi-même, comme les chats...

En haut, il fait soleil, mais pas pour longtemps : un orage très, très noir se pointe à l’horizon, le vent commence à faire bouger l’arbre : Il faut redescendre vite !




Le temps s’assombrit assez vite, juste assez pour faire le plein à Manijump et repartir. L’orage se déclenche, et il fait quasiment nuit en plein jour, avec des trombes d’eau non-stop durant les 2 heurs suivantes. La région est sans doute très jolie, mais là….

Le soir, j’arrive dans les mêmes conditions, dans la ville de Coolie, qui doit son nom à des mines de Charbon toutes proches :
(Notez au passage l'intensité de la pluie, je soupçonne ces 2 machines d'être des prototypes de jet-ski à vapeur...)

Mais le véritable intérêt touristique de la région, c’est le Parc  National de Wellington. Il consiste en un lac de barrage alimentant la région en eau potable :

Puis une série de petites gorges particulièrement sympathique, ici au matin : (dommage qu'il fasse froid à cause des pluies à répétitions)




Le tout formant des « piscines » qui sont manifestement très prisées en été, au vu du nombre de places de camping disponibles, mais toutes vides (y’a pas un rat !)



Et le lendemain, c’est le retour à Perth… Pfiou, il m’en aura fallu du temps pour décrire ce road trip !

Rappel : plus de 2000 km à travers le Sud de la Western Australia :

 
Maintenant la question se pose : que faire maintenant : Rester sur Perth, vendre le van et repartir ? ou bien continuer vers le Nord, au moins pour voir ?

La suite au prochain numéro !